Je suis psychologue dans l’aide à la jeunesse pour un centre
d’orientation éducative depuis 1996. Cette longue expérience
auprès de mineurs de tous âges m’a conduite à divers
constats.
Depuis 8 ans, le nombre des situations familiales à problèmes
s’accroît et, avec lui, la nature des difficultés également.
De plus, il ressort dans le cadre des consultations thérapeutiques privées,
une augmentation de parents qui consultent pour leurs enfants, plutôt
pour des problèmes éducatifs que psychiques.
En effet, les piliers structurants que sont les repères culturels et
mythiques s’effritent, la loi des Pères bascule. L’imaginaire
personnel et intime s’appauvrit pour ne laisser place qu’à l’hégémonie
d’un phantasme collectif.
Dans ma pratique, j’observe que les jeunes, les enfants n’ont pas
les mots pour dire qui ils sont, leurs émotions, leurs origines comme
leur devenir.
Avec les mots, s’en est allée l’énonciation de leur
spécificité individuelle. Celle qui permet un regard posé sur
autrui comme sur le monde, ce regard qui nourrit l’interrogation du semblable
comme de la différence. Ce regard qui, tout en l’enracinant, projette
l’être au devant, et de cet élan « construit » le
monde. Ainsi par les mots qui manquent en chacun d’eux c’est l’histoire
de l’humanité qui se trouve mise en jeu et, sans aucun doute,
leur sentiment de citoyenneté.
C’est pourquoi, depuis trois ans je me passionne pour la lecture de contes
et d’histoires.
À la recherche d’un nouvel outil pour toucher les jeunes, les inviter à un
langage des sens, j’ai trouvé au travers du conte un matériel
d’une infinie richesse. Par sa forme et son contenu, brassant les mythes
universels, le conte suscite la formation de l’imaginaire, ouvre au langage
et par là même, il aide à la construction de l’identité.
Dès lors, je me suis formée à l’art du conte avec
Stéphane Van Hoeck (formateur à la ligue de l’enseignement, à la
Montagne magique…) et j'ai réalisé deux spectacles contés pour
le Musée
juif de Belgique.
Par ailleurs, un projet sur des contes cambodgiens a été réalisé à
l’école Aurore de Jette.
|
|